Apprendre avec Tamar

Genèse 38

Ce chapitre décrit l’histoire de Tamar. Cette femme qui est décrite dans la généalogie de Jesus comme celle qui enfanta des enfants de Judah, apparaît d’abord décrite comme sa belle-fille…

Elle était mariée avec le fils ainé de Judah. La Bible décrit Er, le premier-né de Judah, comme un homme méchant. Cela suggère que Tamar a peut-être même subi des violences de la part de son mari.

Imaginez maintenant que vous ayez quitté la maison de votre père, que vous alliez vivre dans la famille de votre mari et que vous subissiez encore de la violence.

Le sentiment d’abandon, d’injustice et de souffrance, et je vous laisse compléter cette liste et vous mettre à la place de Tamar…

La mort de son premier mari peut sembler un soulagement ; la Bible est très claire sur le fait que le Seigneur l’a fait mourir parce qu’il était méchant.

Selon la coutume de l’époque, sans enfant, le frère de son mari devrait l’épouser et l’aider à avoir des enfants pour s’occuper d’elle. La surprise, c’est que son second mari ne voulait pas qu’elle ait d’enfants. Il aime les relations sexuelles, mais il fait tout pour qu’elle ne tombe pas enceinte. Cela aussi paraissait mauvais aux yeux du Seigneur et Dieu l’a mis à mort.

Imaginez la situation dans cette maison ! Imaginez le regard de sa belle-mère envers cette femme !

Suite à ces 2 mariages et 2 fois veuves, elle est renvoyée dans la maison de ses parents. Elle attend que le fils de Judah, le troisième enfant, grandisse.

Le temps passe… Selah, le troisième fils de Judah, grandit mais n’est pas donné en mariage à Tamar.

La femme de Judah meurt également.

Au milieu de son chagrin, Judah part avec un ami dans la région où vit Tamar. Informée, elle décide de prendre sa vie en main.

Elle change de vêtements, met un voile, se déguise, s’assoit sur la route et Judah suppose qu’il s’agit d’une prostituée (car la façon dont elle se couvre le visage est typique des femmes prostituées).

(image: Judah et Tamar, école de Rembrandt, 1620-1700)

Arrêtons-nous pour penser à ce que Tamar ressentait à ce moment-là…

Quand on est prêt à se livrer… à ce point ! Celle démontre qu’elle ne se considère pas comme une personne de valeur ; que les relations sexuelles qu’elle a eues auparavant n’étaient pas des expériences agréables ; qu’elle est prête à faire n’importe quoi…

Ce qu’elle a vécu, elle seule le sait !

Mais quand on voit une femme se donner, comme elle le fait, cela révèle un désespoir, un appel à l’aide, venant de son cœur.

Que recherche Tamar avec cette attitude ?

Elle rêve d’être mère ! (Elle sait qu’être mère changera sa situation et, à ce stade, la façon dont cet enfant a été conçu et avec qui n’a plus d’importance.)

Elle veut changer sa vie.
Elle veut la justice.
Elle veut donner de l’amour et être aimée.

Elle connaît le risque de mort ! Dans sa culture, une femme qui a des relations sexuelles en dehors du mariage est tuée ! En d’autres termes, elle est prête à mourir, s’il le faut, plutôt que de continuer à vivre dans cette situation !

Trois mois plus tard… Tout le monde le confirme : Tamar est enceinte ! Et cela est visible, puisque malgré une première grossesse, elle porte des jumeaux !

Quelle est la réaction de Judah ?

La faire sortir de la maison et la brûler.

Judah montre un homme qui veut la justice !

Il veut appliquer à la lettre toutes les règles de la culture et de la société !

Mais était-il juste ? Pratiquait-il la justice ?

Tamar a souffert dans sa maison, a-t-il fait quelque chose pour l’aider ?

À qui incombe la responsabilité d’élever ses enfants ?

À qui incombait la responsabilité d’abriter cette femme ?

Il est facile d’exiger que les règles soient appliquées. Les mettre en pratique, surtout avec amour, est difficile.

Judah reconnaît enfin publiquement qu’il avait tort !

Il reconnaît qu’elle était plus juste que lui.

Il s’en réjouit.

La Bible dit que Judah n’a plus jamais touché cette femme.

Cette histoire nous apprend beaucoup de choses sur Tamar

Si vous connaissez une femme qui a souffert sexuellement, ou qui a souffert de violence à la maison : violence psychologique, émotionnelle, physique ? L’histoire de Tamar montre que ce n’est pas nouveau et que Dieu se penche sur cette histoire et sur cette femme !

Le chapitre qui décrit cette histoire est tout simplement une parenthèse dans le livre de la Genèse ! Entre le chapitre 37, qui raconte l’histoire de Joseph, et le chapitre 39, qui raconte également l’histoire de Joseph, le chapitre 38 est consacré à l’histoire de Judah et de Tamar.

Il y a une place spéciale pour elle, pour que nous apprenions d’elle.

Et l’autre manière de montrer à quel point elle est honorée et considérée, c’est justement de la mentionner dans la généalogie de Jésus !

Au milieu de tant de générations, pourquoi Tamar ?

Pourquoi mentionner cette femme si délaissée, si maltraitée ?

Pour nous rappeler ! Son histoire vient nous rappeler, nous enseigner, nous dire :

Dieu te voit ! Dieu voit tes larmes ! Dieu voit ta douleur ! Dieu voit ces moments où tu es enfermée et où personne ne te voit !

Dieu voit ce qui se passe dans ta chambre, dans ton lit !

Dieu voit tes rêves !

Dieu voit quand on t’oublie ! Dieu voit quand la maison de tes parents te manque !

Dieu voit tout ce que personne ne voit !

Et si tu cours vers lui, tu seras bénie, aimée, accueillie, honorée !

Ce qui semble être une vie détruite sera une vie d’honneur et tu seras la première d’une longue série dans cette généalogie qui donnera naissance à des histoires de vie qui auront un impact comme celle de Tamar.

De ce ventre qui rêvait tant d’un fils, naîtra celui qui poursuivra cette généalogie ! Jésus est connu comme étant de la lignée de la tribu de Judah !Et dans cette histoire, qui Dieu a-t-il choisi pour être la mère qui portait en son sein le premier germe de cette généalogie ? Celle qu’ils ont tant méprisée : Tamar.

Dieu te voit !

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Si tu veux aller plus loin, voici d’autres réfléxions au sujet de Tamar : https://emerveilleeparlavie.wordpress.com/2014/02/11/7-tamar/

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